Depuis une décennie, les abeilles meurent un peu plus chaque année dans le monde. Le phénomène s’est rapidement étendu à l’échelle planétaire concernant non seulement des continents tels que l’Asie et les Etats-Unis mais aussi l’Europe dont la France. On assiste à une mortalité accrue des abeilles et un appauvrissement des cheptels de l’ordre de 20 à 30% en France : ce sont des milliards d’abeilles qui meurent chaque année !

Si on connait évidemment les abeilles pour leur miel qu’elle produise mais également la fourniture d’autres produits de la ruche tels que : cire, gelée royale, propolis et pollen ; elles n’en restent pas moins à la base de l’équilibre des écosystèmes en participant à la pollinisation de 80% des espèces végétales. Au-delà de l’impact environnemental, c’est tout un pan de notre économie  qui est concerné et un triste constat de la préservation de nos ressources pour les générations futures.

Les abeilles sont victimes de multi-facteurs soit une combinaison de plusieurs causes, celle des pesticides étant prépondérante (plus particulièrement la famille des néonicotinoïdes).

Car outre un constat de la dégradation des écosystèmes : modifications climatiques, amenuisement et uniformisation de la flore avec appauvrissement des ressources mellifères (soit en nectar et en pollen), présence de micropolluants dans l’air, l’eau et le sol, de la présence d’agents pathogènes, parasites et prédateurs, il n’est plus à démontrer l’impact néfaste des néonicotinoïdes (famille d’insecticides systémiques présent dans l’enrobage des semences de cultures) sur l’affaiblissement des colonies.

D’après des études scientifiques menées par des équipes regroupant chercheurs, ingénieurs et techniciens de l’INRA, CNRS, ACTA, ITSAP (Institut Technique et Scientifique de l’Abeille) et instituts techniques agricoles, les néonicotinoïdes agissent sur les abeilles butineuses. Désorientées, elles peuvent être dans l’incapacité à retrouver leur ruche, c’est ainsi tout le développement d’une colonie qui s’en trouve affecté, la rendant d’autant plus vulnérable aux autres facteurs.

C’est ainsi que certains cheptels se trouvent décimés par des attaques de Varroa (« Varroa destructor), ce petit acarien qui se nourrit de l’hémolymphe des abeilles, affaiblissant petit à petit les défenses immunitaires  des abeilles jusqu’à ce que mort s’en suive.

La loque américaine qui s’attaque aux larves d’abeilles les transformant en une masse brunâtre et visqueuse.

Enfin le Nosema (« Nosema cerenae ») un champignon venue d’Asie qui colonise l’intestin des abeilles causant une diminution de la longévité et des perturbations de l’activité de vol.

Il y a bien sûr, les consommateurs d’insectes courants tels qu’oiseaux (hirondelles, pic vert…) et mammifères (blaireaux, petits rongeurs, ours…) qui participent à l’équilibre naturel du cycle de la vie et ne constituent pas un véritable danger en soit pour les abeilles contrairement aux espèces invasives venues d’écosystèmes lointains tel que le frelon asiatique (« vespa velutina ») débarqué en 2004 par bateau en Aquitaine en provenance d’Asie à la fois rapide et vorace.